Me Cosmas OWONO Mbarga, victime de violences au Commissariat central numéro 4 à Mfou/27/10/2020.

Veste et chemise déchirés, des commotions aux mains. Tel est l’état dans lequel Me Daniel Ngos, membre du Conseil national de l’Ordre des Avocats au Barreau du Cameroun a trouvé son confrère hier 27 octobre à l’extérieur de cette unité de police.

Par Florentin Ndatewouo

L’entrave au libre exercice de la profession d’avocat au Cameroun s’inscrit désormais dans le champ de la normalité. Le phénomène est monnaie courante et tend à se banaliser. “J’ai reçu en milieu d’après midi de ce jour ( 27 octobre, ndlr), un appel de détresse de Me Cosmas Owono Mbarga , le Président de l’UJAC (Union des jeunes Avocats du Cameroun).
J’ai immédiatement informé Mme le Bâtonnier et son représentant pour les régions Centre-Sud-Est qui m’ont instruit de me rendre sur les lieux pour m’enquérir de la situation. Une fois au commissariat central Numéro 4, J’ai trouvé le confrère à l’extérieur de l’enceinte du commissariat avec sa veste et sa chemise déchirés ainsi que quelques commotions sur les mains,”
compte Me Daniel Ngos. D’après ce membre du Conseil national de l’Ordre des Avocats au Barreau du Cameroun, le client de son collègue, Me Cosmas Owono Mbarga a fait l’objet d’une interpellation hier 27 octobre aux environs de 21 h à Mfou, l’un des arrondissements du département de la Mefou-Afamba. Cette interpellation par les éléments du Commissariat central N° 4 intervient à la suite d’une dénonciation de violences conjugales. Dénonciation faite par son épouse qui, aux dires de Me Comas Mbarga, “est une amie du central 4.” En application de la consigne d’un enquêteur, il est décidé d’une garde-à-vue à l’encontre du client de Me Comas Mbarga. Ceci, après que ce dernier a fait le pied de grue en vain tout au long la journée, espérant rencontrer son client. “C’est à ce moment qu’on a décidé de l’éjecter du bureau. Il a protesté d’où le début des brutalités.” Me Daniel Ngos fait savoir que son collègue va ensuite être molesté.

Le procureur est arrivé sur les lieux et a essayé de calmer les esprits car entre temps, de nombreux confrères m’y avaient déjà rejoint.”

La violence dont est l’objet son collègue Me Cosmas Owono Mbarga est à l’origine de la perte de ses lunettes ainsi que de son téléphone portable. Me Daniel Ngos va s’entretenir avec le commissaire central n° 4. Son interlocuteur lui présente une version des faits tendant à imputer l’entière responsabilité de ce qui est arrivé sur le confrère. “Le procureur est arrivé sur les lieux et a essayé de calmer les esprits car entre temps, de nombreux confrères m’y avaient déjà rejoint.” Me Daniel Ngos et ses collègues entendent rencontrer Madame le Bâtonnier pour lui rendre compte “de nos diligences pour des actions appropriées.”

Cette dénonciation s’ajoute à une série de plaintes déjà adressées par les avocats contre les forces du maintien de l’ordre à l’endroit du Bâtonnier. L’occurrence des cas de violations des droits des avocats, enregistrés ces derniers mois interroge sur le mutisme et l’inertie des responsables en charge de la police et de la gendarmerie. Le 15 octobre dernier, le Conseil national de l’Ordre des Avocats au Barreau du Cameroun saisi le Secrétariat d’Etat à la Défense d’une correspondance. Dans ladite correspondance, madame le Bâtonnier demande à Galax Yves Landry Etoga de sanctionner ses collaborateurs récalcitrants. Près de deux semaines après, aucun changement n’est observable. Les défenseurs des droits des citoyens continuent de se faire humilier impunément dans l’exercice de leur fonction par les forces du maintien de l’ordre.