Répondant à l’interrogatoire de l’avocat général, le témoin, Pierre Sekenne, indique que Sieur Leubou soutien que c’est à partir du poste de dame Lefang que l’annulation des données a été faite. Tandis que la mise en cause fait valoir que c’est à partir de la cellule informatique que l’usage frauduleux des données s’est produit.

Par Florentin Ndatewouo

Le procès de Emmanuel Leubou et compagnie a repris hier 14 décembre après de multiples renvois. Débout devant les membres de la collégialité, le ton empreint de sérénité, il interroge le témoin, Pierre Sekenne:” Avez-vous pris le soin de vous rassurer que madame Lefang a changé son mot de passe avant l’utilisation frauduleuse?” Pierre Sekenne fait savoir que dame Lefang lui a adressé une note en date du 25 août 2016. “Par la même occasion, elle prépare une correspondance adressée à Madame le directeur des dépenses, des personnels et des pensions sous couvert du chef de la cellule informatique et de la solde. Objet : changement de mot de passe. Je transmets ladite correspondance au secrétariat de madame le directrice des dépenses. Nous avions demandé qu’on change son mot de passe. Mais, nous n’avions pas eu de retour d’information.” Emmanuel Leubou poursuit:“Chaque fin du mois, après le traitement de la solde, les documents statistiques qui présentent les détails de la solde du mois sont remis à la trésorerie générale. Monsieur Sekenne en a-t-il pris connaissance ?” Celui qui officie à l’époque des faits en qualité de Trésorier payeur général (TPG) répond :“Non. Ce sont des documents qui arrivent dans les services précis.” A la suite de Emmanuel Leubou, l’un des avocats de dame Lefang, Me Tchudje prend la parole :“Est-ce qu’à partir d’un autre poste, quelqu’un d’autre que dame Lefang pouvait-t-il procéder aux annulations des remboursements ?” Le Tpg se veut prudent: “Je ne peux pas le savoir, l’informatique est pour moi une science qui échappe à mes compétences.”

Le conseil de Assiatou Bello Bouba, l’une des coaccusés de Emmanuel Leubou tente de comprendre le fondement des faits imputés à sa cliente. Me Bassong aimerait savoir si sa cliente a disposé d’un user ou d’une habilitation qui lui aurait donné accès aux fichiers solde du Ministère des Finances (Minfi). A cette question, Pierre Sekenne dit n’avoir “aucune idée”. A la question de savoir si une personne étrangère aux services des oppositions pouvait-elle octroyer une avance de solde ou des pensions, le témoin dépose :” l’avance de soldes ou des pensions n’est pas octroyé par la trésorerie générale, mais par la direction générale du budget. Une personne qui n’est pas personnel de la direction générale du budget peut elle s’octroyer une avance de solde ? N’étant pas de la direction générale du budget qui octroie les avances et si l’on s’en tient à la réglementation, un personnel ne peut le faire.”

Hormis Emmanuel Leubou, aucun autre accusé n’a souhaité interroger le témoin, y compris les avocats de la partie civile. Pour sa part, l’avocat général observe au regard des déclarations du témoin que sieur Leubou et dame Lefang se sont rejettés mutuellement la faute. A cet effet, il aimerait avoir une idée des arguments développés par ces derniers à l’appui de leur déclaration. En guise de réponse, Pierre Sekenne explique : “Sieur Leubou soutien que c’est à partir du poste de dame Lefang que l’annulation des données a été faite. Tandis que dame Lefang fait valoir que c’est à partir de la cellule informatique que l’usage frauduleux des données a été fait.”

Dans le cadre de cette affaire, Emmanuel Leubou , Amadou Haman, Assiatou Boullo Bouba, Lefang Célestine Nkeng, Mefiro Pempeme Inoussa, sont accusés d’infractions de détournement de biens publics, coaction et complicité de Dbp ; La suite de l’audience est prévue pour le 21 janvier 2021.