L’appropriation frauduleuse du matricule de Willy Ndongmo Djiofack par sieur Eba Ndjana Nathan, lui a permis de bénéficier indûment du salaire de 4 millions 698 mille 241 Fcfa.

Par Florentin Ndatewouo

Nathan Eba Ndjana est un accusé qui assume pleinement son statut:“J’avoue avoir joué le rôle de facilitateur, et le rôle d’usurpateur. Facilitateur parce que j’ai introduit l’accusé Seleck Claudine. Usurpateur parce que j’ai obtenu frauduleusement l’identité de monsieur Djiofack Ndongmo Willy”, a-t-il déclaré hier 12 janvier devant la barre. Sieur Eba Ndjana est appelé dans le box des témoins pour répondre des faits détournement de biens publics (Dbp). Le montant à lui imputé s’élève à 11 millions 627 mille 619 Fcfa. Au cours de l’EXAMINATION IN CHIEF, le mise en cause revient sur les circonstances ayant abouties à la commission de l’infraction.

Nathan Eba Ndjana dit avoir intégré un réseau par le canal de l’accusé sieur Ambole Simon Pierre, en service à la trésorerie générale de Yaoundé à l’époque des faits:“Un jour, l’accusé Ambole Simon Pierre m’a fait savoir qu’il mettait en place un réseau pour domicilier les salaires dans les banques à partir des noms d’emprunt (matricule). Il aimerait que je lui trouve des personnes qui souhaiteraient entrer dans ce réseau et que je puisse aussi y insérer un nom. Je n’avais pas rejeté l’offre. Mais, tout de même, j’avais posé un certain nombre de conditions”. Nathan Eba va ensuite interroger son interlocuteur sur : l’identité réelle des propriétaires dont les noms seront usurpés, le mode opératoire du réseau, les pièces à fournir, la répartition du gain. Au sujet de l’identité, Nathan Eba Ndjana rappelle la réponse à lui fournie par son coaccusé, sieur Ambolé Simon Pierre :“ce sont les bons en souffrance à la trésorerie générale de Yaoundé où les vrais propriétaires ne se présentent plus.” Sur la mise en oeuvre, sieur Eba Ndjana déclare: “Il m’a dit de lui trouver des personnes capables d’accéder à ce réseau. Pour les pièces à fournir, il m’a dit: “j’ai juste besoin des démies cartes photos pour confectionner les Cni (Cartes nationales d’identité), et les reste des pièces y afférents, je m’en occupe. Je vous rendrais compte.” S’agissant de la répartition des gains attendus, il est convenu de ce qui suit: “l’usurpateur aura 50%, toi l’intermédiaire aura droit à 10%, et le reste des 40% lui revient.” Sur ces propos “rassurants”, sieur Eba Ndjana intègre le réseau.

Nathan Eba reconnait avoir perçu le salaire de 4 millions 698 mille 241 Fcfa. Cet argent est le fruit de l’usurpation de titre de sieur Ndongmo Djiofack Willy, durant la période allant de novembre 2015 à novembre 2017. Par contre, le tribunal reproche à l’accusé Nathan Eba le détournement de la somme de 11 millions 627 mille 619 Fcfa. Ce montant diverge de celui présenté par le mise en cause. Nathan Eba indique que l’officier de police judiciaire en charge de l’enquête avait demandé et obtenu le listing des gains, du matricule usurpé, de la date de création de ces matricules, jusqu’à jour ils ont été découverts, afin de lui imputer cela.

Ces bons de caisse sont toujours en souffrance à la trésorerie générale de Yaoundé à l’heure où nous parlons.”


L’accusé note que le matricule usurpé est créé pour la première fois en novembre 2013. Le propriétaire dudit matricule est employé au ministère des Enseignements secondaires. Ce matricule génère un montant de 157 mille 306 Fcfa chaque mois. “Ce salaire est perçu par bon de caisse de novembre 2013 à mars 2014…Étant en prison, j’avais constaté que tous ces premiers bons étaient virés au ministère des sports et de l’éducation physique.” Nathan Eba affirme avoir saisi le directeur des affaires générales (Dag) du ministère des sports. Ceci, à l’effet de clarifier la situation. En réaction à cette demande, le Dag enverra les fiches de décharge des bons de caisse dès la création du matricule, le bordereau de renversement des bons de caisse à la trésorerie générale de Yaoundé où travaillait sieur Ambolé Simon Pierre pendant les faits. “De l’analyse de ces décharges et bordereau de reversement, il ressort que monsieur Ndongmo Djiofack Willy, véritable propriétaire du nom et desdits bons avait déchargé lui même ces bons au ministère des sports.” Ces décharges sont faites durant la période allant de novembre 2013 à mars 2014. Le montant de l’opération est de 3 millions 831 mille 838 Fcfa. Après analyse du bordereau de reversement du bon de caisse à la trésorerie générale de Yaoundé, sieur Eba constate que sieur Ndongmo Djiofack Willy n’avait pas retiré les bons de caisse de la période comprise entre avril 2014 à octobre 2015 pour un montant total de 3 millions 67 mille 079 Fcfa. “Ces bons de caisse sont toujours en souffrance à la trésorerie générale de Yaoundé à l’heure où nous parlons.” Dans le cadre de cette affaire, Nathan Eba Ndjana, Chanase Claudine Seleck, Thomas onam Edili, Elisabeth Mouale, Simon Pierre Ambole,sont accusés d’infractions de détournement de biens publics et complicité. La suite de l’audience est prévue ce 13 janvier.