Tout comme Elisabeth Moualé, les accusés Claudine Seleck, Thomas onam Edili reconnaissent avoir indûment perçu de l’argent à travers de fausses identités.

Par Florentin Ndatewouo

Un procès des aveux. Ainsi, peut-t-on qualifier l’audience de ce 13 janvier au Tribunal criminel spécial (Tcs) de Yaoundé. A l’occasion de la poursuite de l’EXAMINATION IN CHIEF, les accusés Elisabeth Mouale, Chanase Claudine Seleck, Thomas onam Edili, reconnaissent avoir procédé à l’usurpation d’identité. Tour à tour, les mises en cause passent devant la barre. Dans le box des témoins, Elisabeth Moualé. Agent d’entretien aux services du premier ministre à l’époque des faits, l’accusée répond des faits de complicité de détournement de la somme de 10 millions 492 mille 811 Fcfa. Comment en est-t-on arrivé là? l’accusée raconte: “Je suis entré dans ce réseau par le canal de sieur Eba Ndjana Nathan, avec qui nous étions ami (amant) en 2017, j’avais un souci et je lui en a fait part. Je suis une mère avec deux enfants à ma charge. L’une est drépanocytaire. A ce moment-là, elle était souffrante et je n’avais pas d’argent. J’ai fait part de la situation à monsieur Eba Ndjana. Il m’a fait comprendre qu’il n’avait pas d’argent. Il m’a tout de même parlé du réseau et m’a demandé la somme de 12 mille Fcfa, une démie carte photo pour établir une CNI. Chose faite.” Aux dires de dame Mouale, sieur Eba Ndjana va constituer un dossier. Ledit dossier porte le nom de Eye Ngono Véronique. En compagnie de celui qu’elle ne cesse de présenter comme son amant, dame Mouale se rend auprès d’une banque de la place au lieu dit Mfoundi. Elle procède au retrait d’un montant de 164 000 Fcfa. Cette opération a lieu durant la période allant du mois de novembre 2015 à février 2016. “Sur les 164 mille, il me remettait la somme de 34 mille”, précise dame Mouale et de poursuivre: “Pour les 4 mois de salaire, j’ai touché un montant total de 656 mille Fcfa.” Elle ne se reconnait pas dans les faits de complicité de détournement de la somme de 10 millions 492 mille 811 Fcfa qui lui est imputée. Au mois de mars 2016, le compte de dame Eye Véronique est suspendu pour des besoins de recensement. “Eba Ndjana m’a appelé pour me fait savoir qu’il fallait constituer le dossier pour le recensement. Je lui ai dit que je ne pouvais plus continuer”, ajoute dame Mouale.

Monsieur Eba Ndjana me remettait souvent 50 mille sur les 179 mille.”

Chanase Claudine Seleck admet elle aussi avoir frauduleusement perçu la somme de 4 millions 475 mille. Elle affirme avoir bénéficié de ce salaire pendant la durée de 25 mois qu’elle passée dans le réseau: “Lorsque j’allais toucher, j’étais toujours accompagnée de monsieur Eba Ndjana.” Cependant, la répartition du butin n’a pas toujours été un long fleuve tranquille. Elle dit avoir été “exaspérée du partage”. Motif: “monsieur Eba Ndjana me remettait souvent 50 mille sur les 179 mille.” Cette réponse à l’adresse de la collégialité emmène sieur Eba Ndjana à se lever du dossier de son siège, la tête cherchant refuge entre ses pommes de main.

Thomas Onam Edili n’a pas résisté à la tentation. Agent d’entretien à la Banque des Etats d’Afrique centrale (Beac) à l’époque des faits, il usurpe de l’identité de sieur Bia Marcel. L’usage frauduleux a conduit au décaissement de la somme de 4 millions 296 mille Fcfa. Sieur Edili dit avoir connu sieur Eba Ndjana au travers d’un “ami commun”. Ce dernier lui aurait parlé de son appartenance à un réseau. Ensuite, il lui est proposé d’intégrer ledit réseau. Thomas Edili demande à son interlocuteur du temps pour y penser. Quelques jours après, une rencontre entre les deux hommes a lieu. A la demande de sieur Eba Ndjana, Thomas Edili ramène une démie carte photo. Cette dernière est destinée à la fabrication d’une Carte nationale d’identité au nom de Bia Marcel. “Nous nous sommes rendus dans une banque de la place à l’agence du Mfoundi. Nous y avons ouvert un compte courant pour le virement d’un salaire de 179 mille chaque mois. J’ai commencé à toucher de la période de novembre 2015 à octobre 2017”, conte Thomas Edili. “Je touchais 70 mille et je lui remettais le reste”, détaille-t-il. De plus, Thomas Edili dit avoir reçu une avance de solde de 600 mille Fcfa.

Sieurs Ambolé Simon Pierre, Eba Ndjana Nathan ont été entendus hier 12 janvier.
Après l’audition ce jour des trois autres accusés, l’audience a été suspendue. La cause renvoyée au 22 février prochain. Ce jour sera consacrée à la production des pièces suivie des observations des parties.