Bertrand Tsassé se retrouve dans un lit d’hôpital, pour avoir effectué une descente sur le terrain. Ceci, en vue de photographier la scène du mouvement d’humeur qui a opposé hier 29 avril ces agents de la Commune de Yaoundé 5 aux conducteurs de motocycles.

Par Florentin Ndatewouo

Bouche ensanglantée, T-shirt déchiqueté, camera endommagée. Bertrand Tsassé accuse encore le coup des événements. Jusqu’à ce matin, il est toujours couché sur un lit d’hôpital. Son collègue, Micheal Tchipkio l’a indiqué au cours de l’émission Canal matin, sur le plateau de la chaine de télévision Canal 2 international. Le cameraman de la chaine verte a effectué une descente sur le terrain hier 29 avril dans l’arrondissement de Yaoundé 5. Il s’y déroule un mouvement d’humeur. Lequel oppose les agents de la police municipale de cette Commune aux conducteurs de motocycles. Les agents de la police municipale vont s’en prendre au cameraman, venu filmer la scène à l’effet de rendre compte. Les foudres des agents de la Police municipales de la Commune de Yaoundé 5 vont s’abattre sans retenue sur Bertrand Tsasse.  Ainsi, il est copieusement roué de coups par ces individus qui se sont mués en de véritables bourreaux. Il va falloir attendre l’intervention des forces du maintien de l’ordre pour voir le Cameraman de Canal 2 extrait des griffes du loup ! L’infortuné est conduit à l’hôpital où des soins lui sont administrés.

Bertrand Tsassé, après avoir été violenté par les agents de la police municipale de la Commune de Yaoundé 5/29/04/2021.

Face à cette barbarie, le Syndicat national des journalistes du Cameroun (Snjc)  monte sur ses grands chevaux. Dans un communiqué signé du secrétaire national à la Communication et aux alertes, le Snjc condamne ces actes perpétrés par les agents de la police municipale de la mairie de Yaoundé 5.

La violence dont est l’objet le cameraman de la chaine de télévision Canal 2 international remet au goût du jour la problématique de la violation de la liberté de la presse. Une violation qui a pour corollaire la violation du droit du public à l’information. Lesquels droits sont pourtant garantis par la Constitution du 18 janvier 1996, modifiée par la loi du 14 avril 2008, ainsi que les traités et conventions internationaux ratifiés par l’Etat du Cameroun.

Les violences perpétrées sur les hommes de média est monnaie courante au Cameroun. L’année dernière, les forces du maintien de l’ordre ont déversé leur colère sur Rodrigue Ngassi. Le  Cameraman de la chaine de télévision Equinoxe a payé le prix de sa présence sur les lieux prévus pour les marches annoncées le 22 septembre 2020 par le Mouvement pour la renaissance du Cameroun. A ces violences physiques s’ajoutent les arrestations, suivies des détentions arbitraires des professionnels de l’information. Des événements qui entachent l’image du Cameroun, un pays qui se veut respectueux des droits de l’Homme.