L’organisation non gouvernementale dénonce nombre de griefs dans son rapport 2020-2021. Il s’agit de la violation de la liberté d’expression, les tortures et autres mauvais traitements, les violences basées sur le genre, entre autres.

Par Florentin Ndatewouo

L’image de l’Etat du Cameroun accuse un coup au plan international, en matière de droits de l’Homme. L’Organisation non gouvernementale (Ong) Amnesty internationale range le Cameroun dans le box des accusés. Ainsi, dans son « rapport sur les droits humains dans le monde 2020-2021 », Amnesty international formule nombre de griefs à l’encontre du gouvernement camerounais. Parmi celles-ci, figure : le non-respect de la liberté d’expression. L’Ong note que « Les autorités ont continué de réprimer l’opposition pacifique, interdisant les manifestations et arrêtant arbitrairement celles et ceux qui exerçaient leurs droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique. » A titre d’illustration, Amnesty international souligne l’interdiction jusqu’à nouvel ordre par les gouverneurs des régions de l’Ouest, et du Centre, des manifestations annoncées par Maurice Kamto pour le 22 septembre 2020. Ceci, est suivi de son placement en « résidence surveillée de faite », du 22 septembre au 08 décembre de la même année. « Au moins 500 manifestant(e)s, membres ou sympathisant(e)s du Mouvement pour la renaissance du Cameroun pour la plupart ont été arrêtés le 22 septembre. » Le  cas du Mrc n’est pas isolé. Amnesty international évoque en outre, la situation des militants du mouvement STAND UP FOR CAMEROON : « le 18 septembre, 04 membres du mouvement STAND UP FOR CAMEROON, une coalition regroupant notamment les partis politiques et les Ong ont été arrêtés par la Gendarmerie à Douala, après avoir assisté à une réunion au siège du Parti populaire du Cameroun (Cpp). »

« (…) On était sans nouvelles de lui depuis près d’un an, et sa mort avait été tenue secrète par les autorités… »

Amesty international pointe un doigt accusateur sur la « torture et autres mauvais traitements ». L’Ong fait allusion à la mort en détention du journaliste Samuel Ebuwe Ajiekia. « (…) On était sans nouvelles de lui depuis près d’un an, et sa mort avait été tenue secrète par les autorités. Le 05 juin (2020, ndlr) le ministère de la Défense a confirmé son décès et déclaré qu’il était mort de septicémie le 17 août 2019 à l’hôpital militaire du Cameroun, à Yaoundé, alors que les photos de son cadavre montraient des traces de torture et d’autres  mauvais traitements ».

Le rapport 2020-2021 de l’Ong Amnesty international comporte une autre catégorie d’accusés. Il s’agit des groupes armées séparatistes. L’ong indique que les groupes armées séparatistes anglophones ont continué de commettre de graves atteintes aux droits humains : « un jeune homme a été tué et son père blessé le 15 janvier près de Bamenda dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest… Le 30 janvier, 04 personnes employées par une organisation humanitaire ont été enlevées par un groupe séparatiste qui les accusait de travailler pour le gouvernement. »

Les problématiques liées aux « homicides illégaux », les personnes déplacées, les violences fondées sur le genre sont mentionnées dans ce rapport.