Hier 02 mars, le Tribunal criminel spécial a  donné acte de la décision d’arrêt des poursuites prononcée par le parquet général, puis  ordonné la main levée de détention provisoire à l’encontre de la mise en cause.

Par Florentin Ndatewouo

La décision du Tribunal criminel spécial (Tcs) en lien avec l’arrêt des poursuites contre l’accusée Assiatou Boullo Bouba était prévisible. Au cours de l’audience d’hier 02 mars, le Tcs s’est prononcé en faveur de l’arrêt des poursuites en l’état, tel que requis la veille par le ministère public : « Le Tribunal, statuant publiquement et  contradictoirement à l’égard des parties, donne acte au procureur général près le Tribunal criminel spécial de sa décision d’arrêter les poursuites ; ordonne la main levée de détention provisoire ordonné le 4 mai 2018 contre l’accusée… »  Le président de la collégialité note que la restitution est intervenue avant le renvoi de l’accusée devant le tribunal de céans. Par conséquent, « il n’y a donc pas lieu de prononcer la déchéance. »

Assise aux côtés de ses coaccusés, la tête couverte d’un voile de couleur voilette, dame Assiatou Boullo Bouba est approchée par son avocat. Me Bassong lui chuchote à l’oreille. Quelques minutes après ce bref entretien avec sa cliente, Me Bassong quitte la salle d’audience. Assiatou Boullo Bouba reste cependant assise dans le box des accusés. Après environ trente minutes d’attente, elle se lève pour prendre de l’air. Le président de la collégialité lui recommande d’être patiente : « Où allez-vous ? Vous devriez attendre, il y a encore des formalités à remplir.»  

Dans l’assistance, les sièges installés à la rangée droite de la salle d’audience sont occupés par les proches et membres de la famille de dame Assiatou. L’impatience se lit sur les visages de ces derniers.  

Chef de la cellule Système informatique de gestion intégré des personnels de l’Etat et de la Solde (Sigipes) au Ministère de la Communication, Assiatou Boullo a été impliquée dans l’affaire qui oppose le ministère public, l’Etat du Cameroun (Minfi), contre Leubou Emmanuel, Amadou Haman, Lefang Célestine Nkeng, Mefiro Pempeme Inoussa. Les mis en cause sont poursuivis pour les faits présumés de détournement de biens publics (Dbp), coaction et complicité de Dbp. Le Tribunal reproche à dame Assiatou d’avoir : « Obtenu ou retenu frauduleusement la somme de 6 millions 504 mille 907 Fcfa au moyen de l’octroi des avances des soldes et pensions indus. » Assiatou Boullo Bouba recouvre sa liberté après avoir passé 4 ans de détention à la prison centrale de Kondengui à Yaoundé. L’instruction de la cause à l’égard des autres parties se poursuit.