Au cours de son audition par l’avocat général dans le cadre de l’EXAMINATION-IN-CHIEF, Joseph Poulibe présente des irrégularités attribuées à l’ancien recteur de l’Université de Douala. Il indique que durant la période allant de 2007 à 2010, plusieurs retraits de fonds d’un montant de 589 millions 914 mille 084 Fcfa n’ont pas été reversés dans les caisses de l’université.

Par Florentin Ndatewouo

Utilisation des agents de l’université pour des besoins personnels. Octroi d’avantages excessifs sans rapport avec ceux accordés aux fonctionnaires de même rang. Cumul de l’indemnité de non logement. Les irrégularités relevées par la mission de contrôle effectuée à l’Université de Douala du 12 au 13 novembre 2010 contre Bruno Bekolo Ebe sont nombreuses. Ces irrégularités sont présentées ce 19 novembre au cours de l’interrogatoire du témoin du ministère public par l’avocat général. Dans sa déposition, Joseph Poulibe note que, l’utilisation des agents de l’université pour des besoins personnels par l’ancien recteur de ladite université a provoqué le préjudice d’un montant s’élevant à 4 millions 548 mille 500 Fcfa.
Le paiement des salaires à des agents admis à l’Enstt entraîne un préjudice de l’ordre de 18 millions, 904 mille 572 Fcfa. Dans cette dynamique, le témoin du ministère public évoque “l’octroi d’avantages excessifs sans rapport avec ceux accordés aux fonctionnaires de même rang.” Ce qui aura, d’après le rapport de la mission, généré une perte financière de 58 milions 385 mille Fcfa. A en croire Joseph Poulibe, le cumul de l’indemnité de non logement conduit à un préjudice s’élevant à 16 millions 602 mille.
La mission de contrôle dit avoir procédé à l’exploitation des livres journaux caisses de banque des exercices 2009 et 2010. Celle-ci lui a permis de découvrir le paiement des salaires d’un montant total de 53 millions 824 mille 453 Fcfa. Lequel paiement est “non soutendu par des éléments probants”. Idem pour le paiement des salaires par banque d’un montant de 145 millions 351 mille 294 Fcfa. Joseph Poulibe évalue le montant total du préjudice ainsi retenu à hauteur de 199 millions 175 mille 747 Fcfa.

“durant la période entre 2007 et 2010, plusieurs retraits de fonds d’un montant global de 589 millions 914 mille 084 Fcfa n’ont pas été reversés dans les caisses de l’université.”

Les comptes du rectorat de l’Université de Douala sont passés au scanner de la mission de contrôle. A cet effet, l’examen des livres journaux banque et caisses, ainsi que les relevés bancaires produits par les banques Bicec, Ecobank, Scb crédit Lyonnais a permis à la mission de relever que “durant la période entre 2007 et 2010, plusieurs retraits de fonds d’un montant global de 589 millions 914 mille 084 Fcfa n’ont pas été reversés dans les caisses de l’université.” Dans le même ordre d’idées, nombre de retraits de fonds en espèces, d’un montant global de 1 milliard 292 millions 044 mille 997 Fcfa ont été effectués à la trésorerie générale de Douala sur les subventions accordées par l’État à l’université. Ces retraits n’ont pas été reversés ni à la caisse de l’université, ni dans ses comptes. “Ces documents de retrait de fonds à la trésorerie générale de Douala porte la signature du recteur contrairement à la réglementation en vigueur.”

Les comptes bancaires des facultés de l’Université de Douala ont été examinés. Il ressort de l’étude des comptes de la faculté de Médecine et Sciences pharmaceutique que, 33 opérations de retraits de fonds, d’un montant global de 152 millions, 483 mille 384 Fcfa ont été effectuées. Le témoin indique que “ce montant n’a pas été reversé ni à la caisse de l’université, ni à la caisse de la faculté.”

“81 retraits des fonds en espèces à la banque de 2007 à 2 février 2010 d’un montant de 344 millions, 220 mille 036 Fcfa n’ont pas été reversés et comptabilisés à la caisse de l’université de Douala.”

Au sujet de la faculté des Sciences économiques et de gestion appliquée, l’examen des livres journaux caisses des banques a permis de constater que 107 opérations de retrait de fonds à la banque ont été réalisées pendant la période allant de 2007 a 2010. Le montant de ces retraits s’élève à 482 millions 428 mille 133 Fcfa. D’après le témoin, cet argent n’a été reversé ni dans les caisses de l’université de Douala, ni dans celles de la faculté. La faculté des Sciences juridiques et politiques n’est pas épargnée : “81 retraits des fonds en espèces à la banque de 2007 à 2 février 2010 d’un montant de 344 millions, 220 mille 036 Fcfa n’ont pas été reversés et comptabilisés à la caisse de l’université de Douala.”

En outre, l’examen des comptes de la faculté de lettres et sciences humaines, permet à la mission de contrôle de constater que “42 retraits en espèces des fonds à la banque de 2007 à 2010 d’un montant de 132 millions 316 mille 624 n’ont pas été reversés ni à la caisse de l’établissement, ni à celle du rectorat.” Quid de la faculté des sciences ? “45 retraits en espèce de 2007 à 2010 d’un montant de 221 millions 294 mille 594 n’ont pas été reversés ni à la caisse de établissement, ni à celle du rectorat.” Par ailleurs, 52 retraits de fonds à la banque ont été effectués dans les comptes de la faculté du génie industriel durant la même période. De plus, le retrait d’un montant de 120 millions 097 mille 150 Fcfa n’a pas été reversé ni à la caisse née l’établissement, ni à la caisse du rectorat, comme le fait savoir Joseph Poulibe. Les irrégularités sont également notées dans la gestion par l’ancien recteur de l’Université de Douala, des caisses d’avance. La mission de contrôle s’est effectuée suivant une méthodologie appliquée dans un contexte précis. Dans le cadre de cette affaire, il est reproché aux sieurs Bekolo Ebe, Mboudou Augustin Marie, Ayina Ohandja Louis Max, Pokem Jean Pierre, Akumah Reuben Fon, les faits de détournement de biens publics.  Au terme de l’interrogatoire du témoin par l’avocat général, l’audience a été suspendue à la demande du représentant du Ministère public. La cause a été renvoyée au 22 décembre prochain pour la poursuite de l’EXAMINATION-IN-CHIEF du témoin.