Au cours de son audition ce 13 novembre par ses avocats, l’ex-directeur général de la CRTV trouve “curieux” le fait de le présenter comme “l’unique coupable” dans une opération qui relève d’un processus. De plus, il relève que les trois rapports d’expertise du Tcs n’ont pas d’éléments pour affirmer qu’il y a eu détournement.

Par Florentin Ndatewouo

les griefs dirigés contre Amadou Vamoulke seraient le fruit de l’imagination. C’est du moins ce que laisse entendre le mis en cause. Devant la barre ce 13 novembre, jour de son audition au Tribunal criminel spécial (Tcs) par ses avocats, l’ex-directeur général de la CAMEROON RADIO TÉLÉVISION (CRTV) trouve “curieux” le fait de le présenter comme “l’unique coupable” dans une opération qui relève d’un processus dans que une grosse administration comme la CRTV: “Cela signifie alors que monsieur Vamoulke initie le paiement, prépare les ordres de virement, comptabilise les opérations, signe les virements sans qu’aucune autre main ne soit impliquée. Comme la dernière fois je dirais que ça relève de la magie et je ne suis pas magicien.” Cette réaction provoque des rires dans la salle.

Polycarpe Abah Abah, ancien ministre des Finances et coaccusé de Amadou Vamoulke Yaoundé/13/11/2020.

Amadou Vamoulke dit n’avoir jamais rencontré Polycarpe Abah Abah depuis sa nomination le 26 janvier 2005 à la CRTV. Il affirme avoir pris langue avec son coaccusé à l’époque où ce dernier occupait le poste de ministre de l’Economie et des Finances : “Je venais le rencontrer pour me plaindre de ce que la CRTV dès mon arrivée a cessé de recevoir les ressources de Redevance audio visuelle qui avaient chuté dans une proportion de 30 à 40%.” Assis dans le box des accusés aux côtés de Antoinette Menyeng Meyoa, Polycarpe Abah Abah écoute l’interrogatoire et prend les notes. Poursuivant son propos, Amadou Vamoulke relève que tous les comptables et financiers de la CRTV interrogés dans le cadre du protocole d’accord CRTV-Direction général des impôts, ont affirmé avoir agi sur instruction de madame Akoumba. D’apres lui, la directrice de l’administration et des finances (Daf) a déclaré lors de son audition devant le juge d’instruction que, dès que l’ordre qu’elle devait recevoir les prélèvements prévus par ce protocole lui a été communiqué, le mois d’après, elle a procédé au virement. D’après Amadou Vamoulke, “l’importance de ces faits c’est d’indiquer à suffisance qu’il s’agit d’une affaire antérieure à mon arrivée et qu’il faut vraiment vouloir forcer les traits pour trouver une quelconque complicité.” Tout comme son coaccusé sieur Abah Abah, Amadou Vamoulke parle “d’incongruités dans les chiffres qui sont extrêmement fluctuants”. par ailleurs, il déplore l’absence des rapports d’expertise dans le cadre de cette affaire qui lui auraient été d’un précieux concours.

Cette question m’embarrasse un peu parce que je n’ai pas une mémoire”

A la question de savoir si l’accusation aurait présenté la preuve des pièces de virement que l’accusé aurait signé, Amadou Vamoulke déclare: “Cette question m’embarrasse un peu parce que je n’ai pas une mémoire”. Dans l’assistance, une voix se fait légèrement entendre : “mais tu as la réponse”. Au sujet du chef d’accusation portant sur le détournement présumé de la redevance audiovisuelle (Rav) Amadou Vamoulke observe : “Trois rapports d’expertise commis par le Tcs bien que illégaux parce que non conformes aux procédures relatives à la commission des experts comptables auprès des tribunaux ont conclu qu’on n’a pas d’éléments pour affirmer qu’il y a eu détournement.” L’accusé ajoute que la commission technique de réhabilitation (Ctr) s’est épanchée sur la question. Celle-ci aurait d’après lui conclu à un dégonflement plutôt qu’à un gonflement. “La Daf interrogée n’a jamais parlé de gonflement. Donc, il n’y a que votre tribunal qui trouve qu’il y a eu gonflement.” Une fois de plus, la réponse de Amadou Vamoulke provoque des murmures dans la salle : ” le tribunal n’a encore rien dire. Chacun parlera le moment venu”, rétorque le président de la collégialité. De quoi contenter l’accusé : “Merci de me rassurer monsieur le président du tribunal.”

Amadou Vamoulke est Interpellé sur l’infraction de détournement en coaction avec Madame Menye Antoinette de la somme de 212 millions 18 mille 570 Fcfa. L’accusé précise qu’avant sa nomination et comme tous les précédents coaccusés, il n’a jamais entendu parler de dame Menyeng, ni d’Adam ni d’Ève. “Mais des gens qui ne manquent pas d’humour ont trouvé le moyen de dire que si elle est noire cirée comme moi, ce n’est pas pour rien” à l’écoute de cette réponse, l’assistance n’a pu se retenir davantage. Des rires et chuchotements se sont fait entendre de nouveau. Le président du tribunal assurant la police d’audience appelle au calme. Cette affaire met aux prises le Ministère public, le Ministère des Finances et CAMEROON RADIO TELEVISION, CRTV. Dans le cadre de ce procès, Amadou Vamoulke, Polycarpe Abah Abah, Antoinette Menyeng Meyoa, sont accusés d’infractions de détournement de biens publics et coaction de Dbp 

L’audience est suspendue et la cause renvoyée au 23 novembre prochain.


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