Ces derniers demandent à nouveau le renvoi de la cause afin de rassembler les pièces dont ils disent avoir besoin pour assurer la défense de leur client. La partie civile et le ministère public imputent quant à eux les lenteurs de la procédure aux avocats du mise en cause.

Par Florentin Ndatewouo

La sérénité n’est pas la chose la mieux partagée au Tribunal criminel spécial (Tcs) ce 03 novembre: “pourquoi le tribunal nous musèle-t-il ?” Le ton solennel, l’avocat de sieur Belinga Gabriel se dit frustré de la tournure des événements. Il donne de la voix: ” Monsieur Vamoulke n’est pas seul dans la procédure. Monsieur Belinga est en prison. Et pourtant, depuis un moment, l’on assiste à un jeu de ping-pong entre la partie civile et monsieur Vamoulke. On dirait que la procédure ne concerne que ces deux entités. Pourquoi allez-vous encore renvoyer”, tempête-t-il. La colère du défenseur de Gabriel Belinga s’exprime après la demande de renvoi formulée à l’attention de la collégialité par l’avocat de Amadou Vamoulké.

Me Pondi, avocat de l’accusé expose : “Dans ce dossier, nous n’avons pas pu obtenir les pièces dont nous avons fait mention pendant la procédure. Au cours de l’instruction, le juge nous avait dit qu’il y a des pièces qu’on ne peut obtenir. Cette affaire est allée jusqu’à la Cour suprême pour refus par le juge d’instruction de nous donner des pièces.” Et ce dernier de remettre en cause l’existence d’un procès équitable. Une intervention face à laquelle l’avocat général n’a pas pu garder sa langue dans sa poche: “Nous ne saurions nous taire lorsqu’en face, on serait en train de prétendre qu’il y aurait une iniquité dans ce procès. Qui dit équité dit délai raisonnable, accès à la justice” Le représentant du ministère public se demande “Comment peut-t-on parler de procès inéquitable lorsque le tribunal s’emploi à gérer son temps à régler une affaire alors que la partie d’en face s’attèle plutôt à obtenir des renvois ad vitam aeternam.” Dans ces conditions, l’avocat général requiert en faveur de la poursuite de la procédure :” Nous avons notre témoin. Si la défense estime qu’elle n’a rien à lui demander, que le tribunal prenne acte et que la procédure suit son cours.”

Si la défense n’est pas prête, alors, que le tribunal prenne acte de ce que la lenteur de ce procès incombe maintenant à la défense. Nous de la partie civile sommes prêts.” 

Abondant dans le même sens que l’avocat général, Me Njodo impute les lenteurs observées à la défense: “Si la défense n’est pas prête, alors, que le tribunal prenne acte de ce que la lenteur de ce procès incombe maintenant à la défense. Nous de la partie civile sommes prêts.” En outre, l’avocat de l’entreprise audio visuelle CAMEROON RADIO TELEVISION (CRTV) dit posséder un document conservé au service des archives de la CRTV. Me Ndjodo estime que ledit document ” (…) prouve qu’une prestation fictive a été payée par le directeur général de la CRTV de l’époque, monsieur Amadou Vamoulké sans être réalisée.” Dès lors, “Il n’est pas indiqué qu’on vienne se livrer à un tel spectacle qui n’honore personne encore moins le conseil de la défense”, ajoute-t-il.

Après avoir écouté les différentes parties, le tribunal se prononce en faveur de la poursuite demain 4 novembre du procès.

Amadou Vamoulke, Mbiaga Jean Pierre, Belinga Gabriel, Ngamva Lucie, Abel Gara, Zufambom Vishiti Christiana épouse Vega, sont  accusés d’infractions de détournement de biens publics, coaction de Dpb. Cette affaire met aux prises nombre d’acteurs, à savoir: le ministère des Finances (Minfi), et la CAMEROON RADIO TELEVISION, CRTV. La suite de l’audience prévoit la CROSS EXAMINATION du témoin, Isaac Bela.