Wilfried Siewe, Serge nana Branco écopent de 16 mois d’emprisonnement. En outre, 39 militants détenus depuis le 22 septembre à la prison centrale de Kondengui sont placés en détention provisoire, dans le cadre d’une affaire pendante devant le tribunal militaire de Yaoundé.

Par Florentin Ndatewouo

La sortie de prison des militants et sympathisants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) ne se fera pas de sitôt. Au terme d’une audience qui aura duré environ 10 h de temps hier 29 octobre à la Cour d’appel du Centre, le verdict tombe: Mamadou Yacouba dit Mota est déclaré coupable des faits de rébellion en groupe. Le premier vice-président du Mrc se voit infliger la peine de 18 mois d’emprisonnement. Ses codétenus, à l’instar de Wilfried Siewe, Serge nana Branco, écopent chacun 16 mois d’emprisonnement. Avant la lecture de l’arrêt, la Cour a procédé à l’unanimité au rejet des exceptions de nullité soulevées par le collectif d’avocats constitués pour assurer la défense des militants du Mrc au cours du procès en appel tenu le 9 octobre de l’année en cours.

Des membres collectif d’avocats Me Sylvain Souob, Cour d’appel du Centre, Yaoundé pendant les délibérés/29/10/2020

Ces condamnations interviennent dans le cadre des mutineries qui ont eu lieu le 22 juillet 2019 à la prison centrale de Kondengui à Yaoundé.
Par ailleurs, 39 militants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun sont placés en détention provisoire depuis cette matinée du 30 octobre. Ceci, suite à une ordonnance du juge d’instruction du Tribunal militaire de Yaoundé. Lesdits militants ont été interpellés dans le cadre des manifestations publiques tenues le 22 septembre, en réponse à l’appel lancé par le président national du Mrc, Maurice Kamto. Cette décision du juge d’instruction constitue une entrave au principe de la bonne administration de la justice d’après Me Hyppolite Meli. Ce membre du collectif Me Sylvain Souob déplore le fait que “l’humanité recherchée en 2005 lors de l’adoption du code de procédure pénale a foutu le camp, la procédure pénale commence désormais par les bottes, les matraques, les coups de points, les humiliations et même par les actes d’agression sur les avocats.” Le défenseur des mises en cause y voit une union sacrée en faveur de la violation des droits des prévenus :“Toutes les administrations contribuent à conforter cette position illégale.” De quoi interroger sa capacité à défendre les libertés publiques en pareille circonstance.