Les femmes du Mouvement pour la renaissance du Cameroun en partance pour le domicile de Maurice Kamto au quartier Santa Barbara à Yaoundé/22/10/2020

Venus apporter des denrées alimentaires au leader de leur formation politique, placé en résidence surveillée de faite depuis 1 mois, ces derniers disent avoir essuyé le refus des policiers et gendarmes.

Par Florentin Ndatewouo

L’entrée principale du domicile de Maurice Kamto est noire de monde. Ce 22 octobre, les Forces du maintien de l’ordre (Fmo) y sont mobilisés. A 500 mètres environ de là, des militants, constitués pour l’essentiel des femmes du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) sont présents. Parmi elles, la deuxième vice-présidente, Nadège Tiriane Balbine Noah. D’aucunes, assises à même le sol échangent sous un soleil Intense. Elles attendent que l’opportunité leur soit offerte par les policiers et gendarmes, afin de pouvoir offrir au président de leur formation politique les présents en leur possession. Cette attente intervient après un refus à elles imposées par les Fmo. Les présents sont des vivres frais, constitués de régimes de plantain, sac de pommes de terre, cageots de tomates. ces présents ont été bloqués à l’entrée du domicile de Maurice Kamto.

Denrées alimentaires apprêtés par les militants du Mrc au bénéfice de Maurice Kamto Yaoundé Santa Barbara/22/10/2020.

Rencontré sur les lieux, Étienne Tchouankep, départemental du Mrc Yaoundé 3 ème fait savoir qu’à leur arrivée, Maurice Kamto est sorti de sa résidence pour les accueillir et recevoir leurs présents. Mais les forces du maintien de l’ordre vont les retenir. De quoi mettre le “tireur de pénalty” sur ses dents. Nombre de militants ont été interceptés avec des présents, depuis l’axe principal donnant accès au domicile de Maurice Kamto.

Étienne Tchouankep, départemental du Mrc Yaoundé 3ème/santa Barbara/22/10/2020.

Quelques instants plus tard, Me Hyppolite Meli et ses confrères arrivent. Ils se dirigent au domicile de Maurice Kamto pour avoir une séance de travail avec leur client. Mais avant, un compte rendu de la situation lui est fait par un de ses confrères, témoin des évènements qui ont eu lieu avant son arrivée.

Ce 22 octobre marque le 30 ème jour de séquestration de Maurice Kamto. Le domicile du leader du Mrc a été encerclé depuis le 21 septembre de l’année en cours. Ceci, suite à un mot d’ordre lancé par ce dernier, relative à l’organisation des marches pacifiques en vue de l’appel au départ du pouvoir du président de la République, Paul Biya. Depuis lors, Maurice Kamto est maintenu captif dans sa résidence. L’un des militants venu rendre visite au “tireur de pénalty” s’est fait molesté par les forces du maintien de l’ordre. Il n’en fallait pas plus pour provoquer la colère d’une dame, la cinquantaine entamée. Sur l’axe “rail Ngousso-marché d’Etoudi”, elle s’est mise en tenue d’Adam et Ève :” libérez le président Kamto, libérez le président Kamto”, scande-t-elle à répétition, devant policiers et gendarmes médusés. Cette situation créée en l’espace de quelques temps un attroupement. Les Fmo se déploient pour assurer le contrôle de la circulation. Affectée par cette situation, une autre dame, vêtue d’une robe évasée, plus connue sous le vocable de “Kaba”, se rapproche de sa congère, et l’invite à se ressaisir. Elle la tient par le bras et se propose de la ramener dans un véhicule. Visiblement outrée, la dame dépouillée de tous ses vêtements s’y oppose. Face à l’insistance de son interlocutrice, elle se résigne à entrer dans le véhicule. Lequel est suivi par un Pick-up de la gendarmerie nationale.

Placé en “résidence surveillée de faite” depuis le 22 septembre dernier, le président national du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) dit n’avoir pas, jusqu’à présent, été informé des faits qui lui sont reprochés. Ses avocats ont saisi le président du Tribunal de première instance (Tpi) de Yaoundé Centre-administratif d’une plainte visant nombre d’autorités. Au rang de ceux-ci, figurent le ministre de l’Administration territoriale ( Minat), Paul Atanga Nji, le délégué général à la sûreté nationale, (Dgsn), Martin Mbarga Nguele, le Secrétaire d’État à la Défense, Galax Yves Landry Etoga. Cette plainte est consécutive à une demande formulée par le collectif à l’endroit desdites autorités, à l’effet de faire cesser les voix de fait administratives dont leur client est l’objet. Demande à laquelle les destinataires ont opposé une fin de non recevoir. Suite à l’audience tenue le 15 octobre dernier, le juge des référés a décidé du report de l’affaire en date du 29 octobre prochain, pour écriture publique des administrations concernées.