ce montant aurait été déboursé en vue du paiement des marchés supposés être réalisés pour le compte de la Cameroon Water utilities Corporation par nombre entreprises adjudicataires.

Par Florentin Ndatewouo

La reprise du procès de Jean William Sollo a eu lieu ce 15 octobre. Sieur Bekonge, témoin du ministère public a été entendu ce jour au Tribunal criminel spécial (Tcs). Sa déposition porte sur les montants déboursés par l’entreprise Cameroon Water utilities Corporation (Camwater), destinés au paiement des marchés dont les réalisations ont été confiées à divers entreprises adjudicataires. Sieur Bekonge fait savoir que les établissements Obama solution, avait été adjudicataire d’un ensemble de marchés, pour un montant total de 178 millions 954 mille 946 Fcfa toute taxe comprise. L’établissement a reçu la somme de 159 millions 553 mille 825 Fcfa hors taxe.
Les Établissements Rieder AG ont perçu la somme de 22 millions 900 mille Fcfa; Christner Fusion a perçu 13 millions 900 mille Fcfa; Kiezer consulting a perçu 3 millions 850 mille Fcfa.
Les recherches à la comptabilité ne nous ont pas permis de retrouver jusqu’ici les contrats à la base de ces paiements”, précise-t-il. Le témoin dit tenir les chiffres avancés du grand livre comptable, produits par le service en charge de la compatibilité. Il affirme que ces documents leurs ont été communiqués au cours d’une séance de travail interne avec les responsables de la direction financière de l’entreprise.“Les agents ont été consignés pour effectuer des fouilles profondes à la comptabilité afin de retrouver ces documents qui pouvaient se trouver mal ranger”,va-t-il ajouter.

puisqu’elle tend à défendre un client qui n’est pas présent. Elle est en fuite. Elle n’a jamais comparu et ne comparaîtra pas. Cette question vise dame Ngambi qui est en fuite.”

Poursuivant la Cross-examination, Me Diane Makam interpelle le témoin sur le rôle de Christelle Sidonie Ngambi. D’après Me Makam, Dame Ngambi en sa qualité de représentante de l’établissement leader consulting avait reçu un mandat spécial et irrévocable le 14 août 2013 de la Camwater. Le but poursuivi par ledit mandat a été de rechercher, négocier et finaliser un financement pour le compte de la Camwater relatif à la construction de son immeuble siège à Yaoundé. Me Albert Oyié, avocat de la partie civile s’est opposé à cette interpellation, “puisqu’elle tend à défendre un client qui n’est pas présent. Elle est en fuite. Elle n’a jamais comparu et ne comparaîtra pas. Cette question vise dame Ngambi qui est en fuite.” A-t-il martelé. Répliquant, sa collègue de la défense s’explique : “C’est un moyen de preuve qui nous permet de comprendre pourquoi certains actes ont été posés par Monsieur Sollo”. En réaction, Me Albert Oyié maintient son objection. “Cette question ne vise nullement à défendre dame Ngambi, elle nous permet de défendre notre client qui est poursuivi devant ce tribunal pour des faits commis en coaction avec dame Ngambi”, réitère Me Diane Makam. L’avocat général prend la parole et note que la question aurait pu être formulée autrement. Cette intervention du représentant du parquet général convainc Me Albert Oyié. L’interrogatoire du témoin se poursuit. L’accusé William Sollo prend la parole: “Quelle instruction était systématiquement donné par le directeur général que j’étais à l’époque pour demander au service constituant la chaîne du paiement des différents marchés qui avaient été attribués à tous les prestataires sans exception ?” En réponse, sieur Bekonge indique que, “les factures étaient adressées à la direction des affaires administratives et financières. Je ne peux pas le dire ici si de manière systématique, cela était fait sur toutes les factures. Mais, sur quelques une des factures j’ai pu lire la mention “vérifiez et payez”. A sa suite, William Sollo demande si le témoin a eu connaissance de la note de service qui expliquait ce que signifiait ces expressions. “J’avais au passage lu au babillard une note préparée par le conseiller technique numéro 3 qui apportait des précisions sur l’instruction vérifiez et payez.” A la question de savoir de qui la note portait la signature, le témoin relève qu’“Il y a environ 6 ans de cela, je ne m’en souviens plus. Mais, je sais qu’elle avait été préparé par le conseil.” A l’écoute de cette réponse, William Sollo s’incline de profil et esquisse un rire jaune pour marquer son insatisfaction.

Sieur Bekonge est ensuite interrogé sur l’éventualité de la réception par un organe quelconque de la Camwater des marchés pour lesquels les procès verbaux n’ont pas été retrouvé: “je n’ai pas assisté à la réception physique de certains. Mais, certains PV portent les noms et signatures de certains agents en service à la Camwater.” Nuance-t-il. Après cette prise de parole, le tribunal suspend l’audience. L’affaire est renvoyée au 15 décembre 2020 pour reexamination des témoins et suite de la procédure. Le procès de Bruno Bekolo Ebe prévu ce jour n’a pas eu lieu. Pour des raisons que l’on ignore jusqu’à présent, l’ancien recteur de l’Université de Douala ne s’est pas présenté au tribunal.