Outre la disparition inexpliquée du gardien voisin de la résidence du sous-préfet, devant se présenter comme témoin, le père de la victime observe que matelas ainsi que la douille de larme à l’origine de la mort de leur fille n’ont pas été mis sous scellés.

Par Florentin Ndatewouo

Le processus de clarification des circonstances du décès de Lydienne Solange Taba accuse un coup. La famille de la compagne de l’ex-sous-préfet de la Lokoundje région du Sud, est indignée. Elle énumère 5 griefs à l’endroit des autorités en charge de l’enquête préliminaire. Parmi ces reproches, figure le choix d’avoir procédé à la reconstitution des faits sans  autoriser à cette dernière de poser des questions. De plus, « le rapport de reconstitution n’a jamais été mis à la disposition de la famille ni n’a été porté à la connaissance des avocats du collectif Foussé qui se sont bénévolement constitués pour la famille», lit-t-on dans la « lettre ouverte au chef de l’Etat par la famille feue Lydienne Taba», datée du 28 septembre de l’année en cours. Dans cette correspondance,  Patrice Ebemay Mboma, redoute des actes visant à faire disparaître les éléments nécessaires à la manifestation de la vérité : « le gardien voisin de la résidence du sous-préfet qui avait entendu la détonation de l’arme à feu est jusqu’à la date de ce jour, porté disparu sans qu’on ne puisse savoir pourquoi. » Le père de feue Lydienne Taba fait observer que « le matelas qui est l’objet ayant recueilli tout le sang de la victime à l’exclusion de tout autre objet n’a pas été mis sous scellé alors que cela aurait été l’élément principal à sauvegarder. »

« Alors que les avocats de la famille se sont déplacés de Douala pour Ebolowa en vue de participer à la manifestation de la vérité, ceux-ci ont été détournés par les enquêteurs  de la légion de gendarmerie du Sud qui au lieu de procéder aux auditions, ont prétexté que le dossier avait déjà été retourné au commissaire du gouvernement alors qu’il n’en était rien. »

La famille de Lydienne Solange Taba a soif de justice. Mais, elle craint que cette soif ne soit jamais étanchée. « Alors que les avocats de la famille se sont déplacés de Douala pour Ebolowa en vue de participer à la manifestation de la vérité, ceux-ci ont été détournés par les enquêteurs  de la légion de gendarmerie du Sud qui au lieu de procéder aux auditions, ont prétexté que le dossier avait déjà été retourné au commissaire du gouvernement alors qu’il n’en était rien. » Les conseils vont échanger avec le commissaire du gouvernement, non sans insister pour obtenir un nouveau rendez-vous en date du 25 septembre. Rendus à cette date à Ebolowa, grande sera leur surprise lorsque les enquêteurs leur font savoir qu’ils « étaient plutôt attendus le 24 septembre 2020 et que l’enquête avait déjà été bouclée et le dossier retransmis au commissaire du gouvernement. » La famille de feue Lydienne Solange Taba y voit un « péril sur le procès du sous-préfet meurtrier ». Face à ces goulots d’étranglements, elle sollicite l’intervention du chef de l’Etat. Elle exige la mise sous scellés du matelas ainsi que la douille de l’arme à l’origine de la mort de leur fille ; la reprise de la reconstitution des faits afin de permettre aux avocats de la famille de poser des questions, « que notre famille soit entendue sur la plainte déposée par nos conseils à toutes les étapes procédurales ; que le témoin qui a curieusement disparu soit retrouvé. »

La famille de la défunte Lydienne Taba souligne pour le déplorer les intimidations dont est l’objet  collectif d’avocats constitués pour la défense de la cause de leur fille.