D’après le collectif Me Sylvain Souob, Me Kengne Jean-Jacques, avocat exerçant dans la ville de Bafoussam est détenu dans un lieu secret. Outre cette détention, on note le transfert ce jour du porte-parole de Maurice Kamto, Olivier Bibou Nissack au secrétariat d’Etat à la Défense.

Par Florentin Ndatewouo

Me Kengne Jean-Jacques, membre du collectif Sylvain Souob ne peut depuis peu se mouvoir à sa guise. L’avocat exerçant dans la ville de Bafoussam  a été mis aux arrêts par le chef du bureau des enquêtes criminelles du Groupement de Gendarmerie de Bafoussam. Celui dit avoir agit conformément aux ordres reçus de sa hiérarchie. Cette nouvelle crée une onde de choc au sein du collectif. Lequel, « craint qu’il fasse ainsi l’objet de mauvais traitements et ou d’une disparition forcée, dès lors que ni les autorités judiciaires ou militaires ni les autorités gouvernementales locales n’ont jusqu’à présent communiqué sur le lieu où il a été conduit », Lit-t-on dans un communiqué signé ce 24 septembre, de Me Michel Ndoki. En rappelle, l’article 37 de la  loi du 27 juillet 2005 portant code de procédure pénal énonce : «Toute personne arrêtée bénéficie de toutes les facilités raisonnables en vue d’entrer en contact avec sa famille, de constituer un conseil, de rechercher les moyens pour assurer sa défense, de consulter un médecin et recevoir des soins médicaux, et de prendre les dispositions nécessaires à l’effet d’obtenir une caution ou sa mise en liberté. » Outré par le traitement infligé à son confrère, Me Michel Ndoki saisi cette occasion pour lancer un  appel en direction des instances du barreau. Ceci en vue de la convocation en urgence, d’une assemblée générale de l’institution. Le but recherché est de tabler sur la liberté d’exercice de la profession d’avocat.

Olivier Bibou Nissack, porte-parole de Maurice Kamto, transféré au Secrétariat d’Etat à la défense à Yaoundé/24/09/2020.

« C’est avec quelques embrassades que je viens ainsi de le voir monter dans l’un des véhicules du principal responsable de la Direction de la police judiciaire pour être conduit au Sed, où il s’y trouve depuis quelques minutes»

En outre, le séjour de Olivier Bibou Nissack se poursuit désormais au Secrétariat d’Etat à la Défense (Sed). Le porte-parole de Maurice Kamto y a été transféré ce 24 septembre. David Eboutou, acteur de la société civile affirme l’avoir rendu visite cet après-midi. Il indique qu’Olivier Bibou Nissack a plutôt bon moral : « j’en ai été rassuré tout de suite. On a rapidement fait le tour de l’actualité et puis discuté de certaines initiatives que je préfère encore garder pour moi… » Au cours des échanges,  les responsables du secrétariat d’Etat à la défense viendront lui faire part de leur intention  de le transférer dans les locaux du Secrétariat d’Etat à la défense. « C’est avec quelques embrassades que je viens ainsi de le voir monter dans l’un des véhicules du principal responsable de la Direction de la police judiciaire pour être conduit au Sed, où il s’y trouve depuis quelques minutes», relate David Eboutou.

Il est difficile de dresser un bilan exhaustif de la journée du 22 septembre dernier. Nombre de militants et sympathisants du Mouvement pour la renaissance du Cameroun, partis alliés ainsi que les membres des organisations de la société civiles ne sont pas entièrement fixés sur le sort des leurs. De multiples cas de disparitions encore non confirmés sont annoncés. Il s’agit, entre autres, du conseiller de Maurice Kamto,  Albert Dzongang, des militants Anicet Takam, Noel Mitherand Tomne, Franck Berlin Ngaleu, Goupepong Ousmane.  

Dans le  « rapport provisoire  d’activités relatives aux marches pacifiques du 22 septembre 2020 au Cameroun », le collectif d’avocats Me Syvain Souob a présenté le nombre de personnes arrêtées par région. Ainsi, on dénombre 383 personnes arrêtées dans la région du Littoral ; 141 dans la région du Centre ; 67 dans la région de l’Ouest ; 1 personne dans le Sud, et 1 autre à l’Est. Le total des personnes arrêtées s’élève à 593.

Les arrestations des militants et sympathisants du Mrc ont eu lieu aussi bien avant, pendant qu’après les manifestations.