Visiblement fatigué, le journaliste au quotidien La nouvelle Expression n’a pas encore été libéré. Il est maintenu en détention en raison du statut d’activiste qui lui a été attribué, alors même qu’il a été interpellé  hier dans l’exercice de ses fonctions.

Par Florentin Ndatewouo

L’exercice de la profession de journaliste est-t-il un crime au Cameroun ? Cette interrogation vaut son pesant d’or au regard du traitement infligé à Lindovi Ndjio : « Comme vous avez décidez de nous mettre au travail, alors, vous allez voir ! » Ainsi, un policier en charge de la gestion des visites n’y est pas allé du dos de la cuillère. Le ressentiment de ce policier à l’égard du confrère du journal La nouvelle Expression est manifeste. Et pourtant, Lindovi Ndjio ne cesse de clamer son innocence. : « Je n’y suis pour rien », les mains levées vers le ciel, il réagit  respectueusement.

Le regard affaibli, Lindovi Ndjio a perdu la jovialité qui lui familier. Sa bonne humeur  semble avoir donné raison à la fatigue. Jusqu’à présent, il arbore les vêtements avec lesquels il a été interpellé hier 22 septembre avant d’être gardé. Arrivés ce 23 septembre au poste de police du commissariat central numéro 1 de Yaoundé, les visiteurs ne disposent que de quelques secondes pour lui adresser leurs salutations. Ensuite, l’infortuné est sommé de retourner à son siège qui lui a visiblement  servi de lit pendant la nuit. La même consigne est répercutée aux visiteurs dont la présence semble rebuter, autant que l’odeur des urines qui émanent des toilettes situées à proximité du lieu de détention des personnes arrêtées. La couleur sombre des murs peints des multiples couches de poussière donne une idée du climat de tristesse qui règne au sein de ce commissariat.

« Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. »       

Me Simh, constitué pour la cause de Lindovi Ndjio, déclare avoir demandé à rencontrer le commissaire central numéro en vain. Le maitre de céans  serait en réunion, a-t-il appris.

Lindovi Ndjio a été arrêté hier 22 septembre 2020. « L’africain » est interpellé au moment où il se rend à la résidence de Maurice Kamto, président national pour la renaissance du Cameroun (Mrc). Ceci, à l’effet de procéder à la collecte d’informations, dans le cadre du traitement médiatique de la marche projetée par le Mrc. Suite à son arrestation, Lindovi Ndjio est gardé au secret. Les spéculations circulent au sujet de son lieu détention prennent corps. La promesse de sa libération aussi. Il n’en sera rien ! Lindovi Ndjio est maintenu en captif jusqu’à présent au Commissariat central numéro 1. Son crime serait d’avoir choisi la profession qui consiste à informer. Un droit qui lui est reconnu à  l’article 19 de la déclaration  universelle des droits de l’Homme : « Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. »