L’organisation que dirige Edith Kah Walla dénonce par ailleurs l’interdiction d’accès à l’avocat des détenus par la légion de gendarmerie de Bonanjo à Douala le 19 septembre dernier.
Par Florentin Ndatewouo

Le mouvement Stand up for Cameroon est indigné. Il dénonce les conditions d’arrestation et de détention de ses membres : « ils ont été brutalisés et entendu après minuit sans leur conseil qui était pourtant sur les lieux. » Le vendredi 19 septembre dernier aux environs de 20h00, des membres de Stand up For Cameroon ont été arrêtés. Ceci, après avoir pris part à la traditionnelle réunion du « Fridayinblack », tenue au siège du parti politique Cameroon Peoples Party (CPP). « Ils ont été enlevés par ce qui semble être la gendarmerie du Cameroun. Il semblerait qu’au moins cinq membres de Stand —up for Cameroon sont détenus à la légion de la gendarmerie du Cameroun. » L’organisation dit ne pas avoir la liste complète des personnes arrêtées, pour cause : «  ils ont été enlevés (aucune procédure légale na été suivie) dans la rue… On nous informe que Moussa Bello et 4 autres personnes ont été arrêtées. » Stand-up for Cameroon ajoute que ce jour, Thierry Njifen, conseiller juridique, non moins secrétaire général adjoint CPP n’a pas pu rencontrer ses clients lorsqu’il s’est rendu à la légion de gendarmerie aux environs de 21h30.


Dans la mesure où ils sont avérés, les faits ainsi relevés mettent en avant une violation des dispositions des articles 23, 31, et 37 de la loi du 27 juillet 2005 portant code de procédure pénal. Au sujet de l’arrestation, l’article 23 indique : « L’officier de police judiciaire chargé de l’exécution d’un mandat d’arrêt ne peut à cette fin s’introduire dans une résidence avant 06 heures et après 18 heures. » Or, d’après Stand-up for Cameroon, ses membres ont été arrêtés aux environs de 20h. De plus, l’organisation pointe un doigt accusateur sur la violation des droits de ses membres, en ce que ces derniers n’ont pas été autorisés à rencontrer leur avocat : « Toute personne arrêtée bénéficie de toutes les facilités raisonnables en vue d’entrer en contact avec sa famille, de constituer un conseil, de rechercher les moyens pour assurer sa défense, de consulter un médecin et recevoir des soins médicaux, et de prendre les dispositions nécessaires à l’effet d’obtenir une caution ou sa mise en liberté.» Telle est la teneur de l’article 37 du code de procédure pénal.


«  Toute perquisition au siège d’un parti politique est interdite, sauf en cas de procédure judiciaire, sur réquisition du juge ou pour des motifs d’ordre Public. »  


Outre l’arrestation illégale de ses membres, Stand-up for Cameroon révèle que ce même 19 septembre, une trentaine de policiers, gendarmes et agents des services secrets a pris d’assaut le siège du Cameroon Peoples Party dans la ville de Yaoundé. Ces derniers ont bénéficié de la compagnie du sous-préfet de l’arrondissement de Yaoundé 5 : « Il ( sous-préfet, ndlr) a affirmé que nous tenions une réunion publique sans déclaration. Nous l’avons informé que tenions notre réunion hebdomadaire et régulière de « Fridayinblack » dont la participation est limitée au à nos membres. » les membres de Stand-up For Cameroon présents sur les lieux devront attendre une heure de temps d’impasse pour enfin recevoir l’autorisation de quitter les lieux.
En rappelle, la loi du 19 décembre 1990 portant sur la création des partis politiques au Cameroun dispose en son article 16 que : «  Toute perquisition au siège d’un parti politique est interdite, sauf en cas de procédure judiciaire, sur réquisition du juge ou pour des motifs d’ordre Public. »  Le déploiement sécuritaire au siège du Cpp à Yaoundé met le mouvement Stand-up for Cameroon sur ses grands chevaux: «  Cette énième violation de la loi et énième tentative d’intimidation des membres de Stand-up for Cameroon par le régime Biya en est une de trop. Les arrestations illégales, les brimades et autres formes d’intimidation n’empêcheront pas les membres de Stand-up for Cameroon d’exprimer leurs opinions politiques, de s’organiser pour la transition politique au Cameroun», met en garde l’organisation de Edith Kah Walla. Laquelle demande par ailleurs la libération immédiate de Moussa Bello, Mira Angoun, Etienne Ntsama, Tehle Membou.