Le président national du Mrc subordonne une fois de plus, la tenue des prochaines consultations électorales à deux préalables : la résolution de la crise dans le Noso, et la réforme consensuelle du système électoral.

Par Florentin Ndatewouo

L’éventualité d‘une organisation des prochaines élections régionales est au centre d’une vive contestation. Au cours d’une déclaration faite ce 24 août au siège de son parti politique à Yaoundé, Maurice Kamto a de nouveau subordonné la tenue de toute consultation électorale à deux préalables. Il s’agit de la résolution de la crise anglophone par la mise en place d’un cessez-le-feu et l’ouverture « d’un vrai dialogue politique national inclusif ». Ensuite, la réforme consensuelle du système électoral actuel « dont tout le monde reconnaît désormais qu’il garantit les fraudes électorales massives conduisant à la désignation des dirigeants illégitimes, et constitue dès lors la principale cause des tensions électorales et de crises post-électorales dans notre pays. » D’après le président national du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (Mrc), toute action contraire à ces préalables entrainera de lourdes  conséquences : « Aussi, j’annonce que toute convocation du corps électoral parle gouvernement illégal et illégitime de Yaoundé, avant la prise en compte et une mise en application effective des deux exigences rappelées ci-dessus, emportera automatiquement lancement d’une gigantesque campagne nationale d’appel du départ pur et simple de M. Paul Biya  du pourvoir, sans qu’il y ait besoin d’attendre une nouvelle communication à cet égard », prévient-t-il.

Des membres du directoire du Mrc lors de la déclaration faite à Yaoundé le 24/08/2020.

L’organisation de l’élection des conseillers régionaux débute par la convocation par le président de la République du collège électoral.

«  L’intervalle entre la publication du décret convoquant le corps électoral et la date fixée pour le scrutin est de quatre-vingt dix  90 jours au moins. »

 L’alinéa 2) de l’article 86 de la loi du 19 avril 2012 portant code électoral, modifiée et complétée par la loi du 21 décembre 2012 dispose que : «  L’intervalle entre la publication du décret convoquant le corps électoral et la date fixée pour le scrutin est de quatre-vingt dix  90 jours au moins. » L’article 245 (2) de cette loi précise que, dans toutes les régions, les collèges électoraux sont convoqués le même jour, suivant les modalités et dans les délais fixés à l’article 230 de la présente loi. Les conseillers régionaux sont : les délégués des départements, élus au suffrage universel indirect ; les représentants du commandement traditionnel, élus par leurs pairs. Ils sont élus pour un mandat de 5 ans renouvelable.  

L’hypothèse de l’organisation éventuelle des élections régionales ne relève pas d’une simple vue de l’esprit. Le 20 mars dernier, l’Assemblée nationale a reçu le projet de loi fixant le nombre, la proportion par catégorie, et le régime des indemnités des conseillers régionaux.  Ce texte de loi   examiné et adopté, fixe à 90 le nombre de sièges des Conseillers régionaux : « Dans chaque région, la proportion par catégorie des conseillers régionaux  est fixée ainsi qu’il suit : – 70 conseillers régionaux représentant la catégorie des délégués des départements ; -20 conseillers régionaux  représentant la catégorie des représentants du commandement traditionnel », prévoit l’article 246 (2) du code électoral. L’existence de ce texte de loi traduit la volonté liée à l’organisation imminente des élections régionales.  Cette nouvelle sortie de Maurice Kamto est consécutive de l’appel lancé le 1er juin, dans lequel le « tireur de pénalty » mettait déjà en garde contre l’éventualité d’une consultation électorale en pareille circonstance.