Me Charles Tchakounte Patie, président du Conseil l’ordre national des avocats au barreau du Cameroun

Par Blanche Diem

La situation ne saurait perdurer. L’Ordre des avocats au barreau du Cameroun est indigné contre les actes de violence perpétrés sur ses membres. Le mercredi 29 juillet dernier, le président du Conseil national de l’Ordre des avocats au barreau du Cameroun adresse une correspondance au Secrétaire d’Etat à la Défense (Sed): “Je sais votre détermination personnelle à maintenir les civilités dans les rapports entre nos deux institutions. Mais, je dois vous avouer que la côte d’alerte est sur le point d’être atteinte.” Ainsi, Me Tchakounte Patie attire l’attention de Galaxy Yves Landry Etoga. Il dénonce les actes de violence perpétrés par les forces du maintien de l’ordre sur les avocats. Le cas le plus récent n’est autre que celui de son confrère, Me Serges Chendjou. « Certains fonctionnaires exerçant sous votre autorité qui mettent en mal vos bonnes intentions, sapent le dispositif d’apaisement que vous aviez mis en place et perturbent la sérénité professionnelle des Avocats ».
Me Charles Tchakounte Patie rappelle son devoir de protéger chacun de ses confrères. Il indique en outre que le Barreau entreprend en ce moment des mesures juridictionnelles contre les auteurs de ces actes.

“Prison centrale de Kondengui à l’instant, même tarif. Je ne peux pas rencontrer Mamadou Mota alors que son affaire revient la semaine prochaine devant la Cour d’appel pour débats.

Les plaintes des avocats à l’endroit des forces du maintien de l’ordre sont monnaie courante. Le 19 juin 2020, Me Michel Ndoki fait un poste sur sa page Facebook. Dans ledit poste, le conseil de Mamadou Mota, détenu à la prison centrale de Kondengui (premier vice-président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun ndlr), dit avoir été interdite de rencontrer son client.Prison centrale de Kondengui à l’instant, même tarif. Je ne peux pas rencontrer Mamadou Mota alors que son affaire revient la semaine prochaine devant la Cour d’appel pour débats.” L’avocat relève que dans le cadre de cette affaire pendante devant la Cour d’appel, l’autorité judiciaire avait ordonné le renvoi à l’audience de session d’hier pour extraction des prévenus. “Ici aussi ils n’ont pas été extraits. L’avocat général s’est vanté de cette désobéissance à la loi et à un ordre exprès de la Cour en disant qu’il avait choisi d’extraire un échantillon de 10 prévenus sur 160. Ajoutant que “la Défense” et lui avaient “conclu un deal” en ce sens !!! Après plus d’une heure de protestations véhémentes, la Cour a renvoyé encore une fois pour extraction des prévenus. Et débats. Qu’on nous demande de préparer sans pouvoir nous entretenir avec nos clients”, poursuit Me Ndoki.

Rappelons qu’au mois de septembre 2019, les avocats ont procédé à la suspension du port de la Robe. Ceci, en signe de dénonciation de certains faits attentatoires à l’exercice de leur profession. Dès lors, l’Ordre et le Ministère de la Défense ont entrepris une concertation qui visait à mettre fin aux exactions de toute nature commises par les Gendarmes sur les Avocats dans l’exercice de leur profession.