Interrogé par l’avocat général sur la gestion des fonds destinés au financement des projets par le budget d’investissement public, l’ex-recteur de l’université de Douala indique qu’il ne répond que des questions d’ordre administratives. D’après lui, les fonctions d’ordonnateur et de comptable sont incompatibles.

Dieudonné Oyono, ex-recteur de l’université de Douala entendu au Tcs Yaoundé/21/07/2020

Le procès de Dieudonné Oyono a repris ce 21 juillet. L’ancien recteur de l’Université de Douala est auditionné par l’avocat général sur diverses questions en rapport avec les affaires qui l’oppose au ministère public. “Est-ce que les jeux universitaires sont une activité inopinée ou programmable ?” En réponse à la question de l’avocat général, le recteur explique :
En avril 2013, nous sommes allés aux jeux universitaires à Ngaoundere. C’est à la clôture des jeux que le ministre de l’Enseignement supérieur a annoncé que l’université de Douala accueillera les prochains jeux. Au moment où on l’annonce, le budget de l’université était déjà voté. Le budget de 2014 n’a été voté que le 20 mars 2014. C’est pour dire que c’est très difficile quand on vous annonce que vous allez organiser les jeux au moment où le budget est déjà voté, et que vous n’allez encore voter le second qu’un an plus tard. Voilà pourquoi j’ai procédé à l’ouverture des caisses d’avance.”

A la question de savoir si les régisseurs de caisse d’avance ont produit les comptes d’emploi qui leur ont été affectés, le mis en cause rappelle que
“les comptes d’emploi sont soumis à l’apurement au contrôleur financier. C’est à lui et non à l’ordonnateur financier.” Dieudonné Oyono ajoute:
“Le 17 avril 2015, le contrôleur financier dit:” malgré mes diligences à ce sujet seul le nomme Eyenga Ottou a réagi en date du 28 avril 2015. Dans la correspondance numéro 007/L/minfi/SG/dgb/cfsud à lui adressée en date du 17 avril 2015, où l’intéressé a répondu que les comptes d’emploi de ces caisses d’avance sont en cours de finalisation.”

En outre, l’ex-recteur de l’université de Douala dit avoir installé monsieur Mbanga nkolo dans ses fonctions de Directeur des affaires administratives et financières ( Daaf) le 13 janvier 2015. “Comment expliquez-vous que les pièces que vous avez produites le 11 juin à la direction ne puissent pas être évoquées par le Daf que vous avez installé?” Ainsi, le ministère public interroge une fois de plus l’accusé :”
Ce n’est pas le Daaf qui s’occupe de ce projet, mais plutôt le directeur des infrastructures. Voici la lecture de la question que j’avais posé lors du procès verbal de confrontation du 17 juillet 2018″ :avec qui avez-vous travaillé durant cette mission? Réponse :” j’ai précisé au début que le recteur avait chargé le Daaf de nous guider pour mener à bien cette mission.C’est donc avec lui que nous avons travaillé. Nous avons sollicité l’assistance du responsable en charge des infrastructures de université de Douala. Mais , ce dernier qui venais d’y être affecté suivant ses déclarations ne pouvait pas nous assister.” Dieudonné Oyono précise que Monsieur Bikoun a fait cette déclaration en présence du responsable des infrastructures.

les fonctions d’ordonnateur et de comptable sont incompatibles. Je peux simplement répondre des questions d’ordre administratives. Mes projets ont été réalisés...


Poursuivant la cross examination, l’avocat général revient sur les déclarations de sieur Kourou Raphaël, suivant lesquelles “l’exécution physique était presque de zéro, le compte 42 dans lequel les fonds était logés était vides.” Dieudonné Oyono fait observer que ” les fonctions d’ordonnateur et de comptable sont incompatibles. Je peux simplement répondre des questions d’ordre administratives. Mes projets ont été réalisés. S’il avait fait ce travail avec le directeur des infrastructures, il ne serait pas arrivé à cette conclusion.” Au sujet de la modalité de contrôle de l’exécution des projets en tant que recteur de l’Université de Douala, l’accusé explique :“Madame Simo avait été directeur pendant des années. Nous descendions au moins une fois par semaine sur le terrain pour visiter les chantiers.
Je suis allé plusieurs fois à Nkongsamba bien que les conditions d’accès étaient difficiles.”
Sur la question relative à l’apposition de son visa sur les procès verbaux( PV) de réception des projets conduits pendant son magistère, Dieudonné Oyono souligne que, “le recteur a un représentant à la commission de réception et ce dernier a bien signé le PV.”

Dieudonné Oyono est accusé des faits de détournement de biens publics (Dbp) et coaction. Le mise en cause est impliqué dans trois affaires sur 4: la première affaire porte sur le non reversement de la TVA ( taxe sur la valeur ajoutée) pour la somme de 145 millions 541milles 293 Fcfa avec Eyenga Ottou et sieur Gonzalez. La deuxième est relative aux accusations de coaction de Dbp de la somme de 200 millions Fcfa avec Monsieur Amta, contrôleur financier. Par ailleurs, dans le cadre de l’exécution des projets financés par le budget d’investissement public, il est reproché à Dieudonné Oyono les faits de coaction de détournement de la somme de 1 milliards 455 millions Fcfa avec sieur Abdoul-aziz.

Au cours du procès en date du 22 mai dernier, Dieudonné Oyono a été interrogé notamment sur le circuit des dépenses au sein de l’université. L’audience a été suspendue et reprendra le 15 septembre prochain.