L’incertitude liée à l’échéance de résolution de la crise sanitaire du corona virus ainsi que le contexte macroéconomique ne garantissent pas à l’État du Cameroun la possibilité de collecter les ressources envisagées.
Par Florentin Ndatewouo

Louis Paul Motaze, Minfi devant la commission des finances et du budget de l’Assemblée nationale, Yaoundé/05/07/2020.


Nombre de données complexifient les projections en matière de recette budgétaire dans l’élaboration du projet de loi de finance 2021. Il s’agit des données sur :
l’évolution de la pandémie du corona virus ;
-l’évolution du contexte macroéconomique ;
-La mobilisation des appuis budgétaires attendus de la mise en œuvre du nouveau programme économique et financier avec le Fmi
(Fond monétaire international), entre autres.
Devant la Commission des finances et du budget de l’Assemblée nationale hier 5 juillet, le ministre des Finances (Minfi) souligne qu’au plan macroéconomique, « tout enlisement de la pandémie du corona virus au delà de 2020 ou une efficacité limitée des politiques du gouvernement pour atténuer ses effets sur les entreprises et les ménages, pourrait conduire à un niveau d’activité moins important que celui projeté, et conséquemment à un niveau de recettes fiscales et douanières en deçà de celui attendu. » L’incertitude autour des recettes pétrolières s’inscrit dans cette dynamique : « le cours mondial du baril de pétrole présenterait un gros risque pour les budgets 2021 et suivants, si la production pétrolière annoncée et le prix mondial du baril utilisé dans les projections ne sont pas au rendez-vous », met en garde Louis Paul Motaze.


« En effet, l’éventualité d’un durcissement des conditions financières sur le marché des titres et d’une insuffisance de liquidités au niveau du système bancaire sous-régional pourrait fragiliser l’équilibre financier ci-dessous présenté. »


Le ministre des Finances n’exclut pas une mobilisation insuffisante des appuis budgétaires attendus dans le cadre de la mise en œuvre du nouveau programme économique et financier de l’État (en cours de négociation avec le Fmi). Ce qui « conduirait à un profond déséquilibre dans les projections de cadrage pour la période 2021-2023. »
La mobilisation des titres publics n’est pas exempt de contraintes auxquelles le gouvernement pourrait être confronté. Cette dernière requiert le montant de 450 milliards chaque année sur la période 2021-2023. « En effet, l’éventualité d’un durcissement des conditions financières sur le marché des titres et d’une insuffisance de liquidités au niveau du système bancaire sous-régional pourrait fragiliser l’équilibre financier ci-dessous présenté. » En outre, le Minfi ajoute que « la nécessité de financer au même moment et dans un horizon temporel limité le plan global de riposte contre le Covid-19, la décentralisation, le Planut, le Pts-jeunes, le Chan, les grands projets structurants, la reconstruction du Noso et la Csu exercent une forte pression sur le cadre budgétaire et ne favorise pas une allocation performante des ressources. »
Ces risques auxquels les projections de recettes budgétaires pour la période 2021-2023 sont soumis sont susceptibles de perturber l’équilibre budgétaire et financier desdites projections.