Par Christophe Bobiokono

Christophe Bobiokono, Yaoundé après la visite rendue à Ernest Obama 20/06/2020.


J’ai été voir le journaliste ce matin. Il m’a paru assez calme. Il est gardé dans des conditions plutôt dignes. Rien à voir avec le théâtre de jeudi dernier.
Il m’a dit avoir compris que certaines de ses batailles passées, qu’il regrette sincèrement étaient gratuite. Il reconnaît ses erreurs, surtout après les messages de soutien que lui ont destiné de nombreux confrères, notamment Boris Bertolt et Jean-Bruno Tagne.
Depuis hier, il sait ce qui lui est reproché, la plainte de M. Amougou Belinga ayant été finalement déposée en soirée. Pour lui, il n’y a rien de fondé par rapport aux faits dénoncés. L’enquête suit son cours.
Concernant son patron, il dit ne nourrir ni haine, ni volonté de vengeance à son égard, même s’il estime que son humiliation n’était pas nécessaire. Il dit avoir beaucoup reçu de celui qu’il considère toujours comme son père pour lui en vouloir. Quelle que soit l’issue de la situation actuelle, il espère conserver des relations normales avec le patron de Vision 4.
Je note que le journaliste a été interpellé sans plainte, ni aucune convocation alors que rien ne justifiait l’emballement qui a été orchestré par le procureur de la République du TPI de Yaoundé centre administratif. Il a été notifié de sa garde à vue jeudi soir. En principe, elle expire aujourd’hui.
Je me suis rendu au Palais de justice pour rencontrer le magistrat assumant la permanence au parquet du TPI, afin de plaider la remise en liberté du journaliste, qui n’est visé que par des délits n’ayant aucun caractère de flagrance ou d’urgence absolue. A 9h, Mme Fadimatou Yaya n’était pas encore en poste. Je repasserai si possible dans la journée ou je contacterai directement M. Meka en personne.
Ernest Obama est en mesure de remplir toutes les conditions pour que l’enquête se poursuive alors qu’il est en liberté.