Denis Nkwebo, président du bureau exécutif national du Syndicat national des journalistes du Cameroun, Douala 18/06/2020

Je condamne fermement les traitements inhumains et dénigrants infligés au journaliste Ernest Obama. Ses bourreaux connus ainsi que ceux tapis dans l’ombre connaîtront un jour le même sort. Nul ne doit prendre la justice entre ses pour organiser la vindicte populaire télévisée.

Jean Bruno Tagne, Journaliste Yaoundé/19/06/2020.

Je ne sais pas de quoi il est accusé. Mais la mise en scène de son interpellation et cette volonté manifeste de l’humilier sont inacceptables en République. Lorsqu’un homme fait face à l’injustice, il faut trouver la force de taire nos ressentiments passés ou présents pour dire non. Toute ma compassion émue et sincère à Ernest Obama.Cette façon d’utiliser les institutions pour humilier les gens semble être un classique de la maison et rapproche ce pays chaque jour un peu plus d’une véritable République bananière. Ce fut déjà le cas avec les David Eboutou, Xavier Messe, Vincent Sosthène Fouda, George Gilbert Baonla… jusqu’à quand ? Vivement l’État de droit dans ce pays.

Me Claude Assira réagissant suite à interpellation de Ernest Obama, Yaoundé 18/06/2020.

Ernest OBAMA, la Justice et Nous.

Évidemment que l’arrestation d’Ernest Obama interpelle la conscience. Personne n’est au-dessus de la loi. Donc, si des infractions sont susceptibles d’être reprochées à M. Obama, il est normal qu’il soit invité à se justifier. Mais, le fait qu’il soit un journaliste controversé n’enlève en rien son droit aux garanties élémentaires reconnues au justiciable. Qu’on aime ou pas ce journaliste, on doit pouvoir exiger que la dignité humaine soit, en toutes circonstances respectée. La mise en scène orchestrée pour son interpellation, les moyens mis en œuvre sont tout simplement hallucinants et interrogent gravement sur le fonctionnement de la justice qui semble appartenir à ceux qui peuvent en disposer à leur guise.
Et que dire des faits reprochés ? “Haute trahison” ! Cette infraction prévue dans la constitution du Cameroun est réservée au seul Président de la République (ou à ses ministres)…
Quel que soit ce qui est reproché à M. Obama, la disproportion des moyens humains et de communication employés qui démontre la volonté manifeste d’humilier est condamnable. Toute personne a droit au respect de sa personne et de sa dignité.
Certains diront qu’il mérite son sort, et que M. Obama expérimente à son préjudice les situations qu’il a souvent commentées avec une légèreté et une complaisance incroyables. Mais, l’attitude abjecte d’un individu justifie-t-elle que des abjections de l’Etat à son encontre ?
Il pleut sur tous les toits. Quand il était au firmament, M. Obama a oublié de dénoncer les abus auxquels son interpellation a donné lieu. Nous ne devons pas commettre la même erreur car, il n’y a qu’en dénonçant et en combattant les violations qu’on s’en prémunit…

P.S. : Qu’on ne s’y trompe pas : M. Obama n’est ni un proche, ni un Ami. Il m’a d’ailleurs ostensiblement supprimé de la liste de ses invités dominicaux pour avoir pris part au contentieux électoral aux côtés de M. Maurice Kamto que je défendais comme Avocat. Mon propos n’a donc rien de personnel….

Le journaliste Jean Solaire Kuete s’interroge après le reportage de Salamatou Badiang sur l’interpellation d’Ernest Obama, Yaoundé/19/06/2020.

Je me demande comment un journaliste se sent après avoir écrit et diffusé un reportage commandé pour humilier son confrère. Comment peut on soigneusement rassembler des mots, des images et prêter sa signature pour une mission aussi dégradante pour la profession qu’on a choisie. Ernest Obama sera bientôt libéré de ces tourments. c’est mon vœux. Mais ce reportage restera comme une tache noir sur le blason de notre corporation qui subit des coups durs depuis un moment. Courage à toi Ernest!