Ces auditions sont consécutives de leurs interpellations la veille, sur la place du marché  Mokolo, au moment où ils distribuaient les masques de protection et gels hydro-alcooliques.
Leurs dossiers ont été renvoyés au Commissariat central numéro II pour complément d’enquête.
Par Florentin Ndatewouo

Distribution des masques et gels par les membres de l’Association Survie-Cameroon-Survival-Initiative

 
Le commissariat central de police numéro II (Mokolo) dispose de 48H pour renvoyer les dossiers des 6 bénévoles interpelés hier 11 mai. Ces personnes ont été entendues ce mardi 12 mai devant le procureur. Lequel a, d’après Me Crépin Nga, l’un des avocats des 6 membres de l’Association Survie-Cameroon-Survival-Initiative (SCSI),  renvoyé leurs dossiers à ladite unité « pour complément d’enquête. »Il sera notamment question de “préciser l’origine des masques et gels qu’ils distribuaient”

D’après Olivier Bibou Nissack, 6 personnes ont été interpelées à la place du marché de Mokolo à Yaoundé, alors qu’elles procédaient à la distribution des masques de protection, et gels hydro-alcooliques. Des actions qui rentrent dans le cadre de la lutte contre la maladie Covid-19. « Les éléments de police du Commissariat central de Mokolo vont ainsi procéder à leurs arrestations sur ces entrefaites. » Le porte-parole de Maurice Kamto, initiateur du projet SCSI ajoute qu’ « une fois les humanitaires entre les murs du Commissariat Central Numéro II, nombre d’entre eux va déclarer vouloir être interrogé en présence de leur conseil, tout en demandant pour quel motif ils avaient été arrêtés et conduits au Commissariat. Interrompant les auditions de ceux qui souhaitaient la présence d’un conseil, il leur sera permis d’entrer en contact avec eux.  C’est ainsi qu’une équipe d’assistance va arriver sur les lieux. » En réponse à la question liée au motif de l’arrestation de ces 6 personnes, une dame officier de police parlera de   ‘‘violation de la réglementation en vigueur”. Olivier Bibou Nissack exprime son étonnement sur le défaut de précision relatif  aux dispositions légales qui auraient été transgressées. « Désormais plus que jamais au Cameroun, vous pouvez donc être condamné sans avoir violé la loi ;(…) Être arrêté de façon parfaitement arbitraire, subir des interrogatoires policiers parce que vous avez porté assistance à des personnes en danger de mort des suites de Covid-19. »
Cette nouvelle affaire s’ajoute au conflit qui oppose Maurice Kamto, président national du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc), à Paul Atanga Nji, ministre de l’Administration territoriale (Minat), sur les activités menées par l’association SCSI.