Ce dernier est détenu à la prison centrale de Kondengui, dans le cadre d’une affaire de détournement de biens publics.

Les avocats du mise en cause plaident pour une comparution libre pour prémunir leur client de la contamination contre le corona virus.

 Par Florentin Ndatewouo

Emmanuel Leubou/04/05/2017

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
La peur liée à la propagation du covid-19 habite nombre d’avocats. « Monsieur le président du tribunal, mon état psychologique actuel ne me permet pas d’assister mon client. Lorsque je regarde dans la salle, je ressens  de la peur monsieur le président. La peur d’être contaminé. Dans cette salle, on n’est sûr du statut sanitaire de personne, y compris de moi-même. Voilà pourquoi je demande le renvoie de l’audience et la mise en liberté de notre client. Les entrées et sorties sont interdites. Il ne peut donc s’enfuir…»
Ainsi, débute la plaidoirie du conseil de Emmanuel Leubou, composé de trois avocats pour la circonstance. Une demande qui, au terme de sa formulation provoque un rire jaune  du conseil de la partie civile.
En réaction à cette requête, le conseil de l’Etat du Cameroun note la possibilité pour le mise en cause de « bénéficier des services sanitaires de la prison en cas de maladie ». Ceci avant de rappeler que la demande de mise en liberté appuyée sur le motif relatif au risque de contamination par le corona virus n’est pas prévue par la loi.
Ces différentes interventions ont lieu au cours d’un procès au tribunal criminel spécial (Tcs) tenu à Yaoundé le 27 avril de l’année en cours. Ledit procès oppose Emmanuel Leubou, Amadou Haman, Assiatou Boulo Bouba, Célestina Lefang Nkeng, Mefiro Pempeme Inoussa, au ministère public ainsi que le ministère des Finances (Minfi). Ceci  dans le cadre d’une affaire de détournement de bien public, coaction de détournement de bien public.
Détenu à la prison centrale de Kondengui, Emmanuel Leubou affiche fière allure pendant l’audience. Vêtu d’un boubou de couleur bleu ciel, la tête dépourvue du moindre cheveu comme à l’accoutumée, lunettes fumées, il véhicule un sentiment de sérénité.
A la suite des interventions des différents conseils, le président du tribunal recueil l’avis de l’avocat général, ainsi que ceux de ses collègues juges. Ensuite, il convoque les dispositions de l’article 371, de la loi  du 27 juillet 2005, portant code de procédure pénal, et  décide. « La loi n’a pas prévue de remettre en liberté un accusé pour des raisons évoquées par les conseils des accusés. Et le juge décide en fonction de la loi et de son intime conviction. Cette dernière, comme la loi, ne permettent pas de remettre en liberté Emmanuel Leubou. »  A la demande des avocats de l’accusé, l’affaire est renvoyée au 14 juin prochain.